Suzanne

Suzanne Degennaro (il/elle) est un·e danseur·euse et chorégraphe italo-français·e, basé·e à Paris, dont le travail interroge les zones floues de l’identité, du genre et de la mémoire corporelle. Son langage artistique se construit au croisement du whacking et d’une approche sensible et autobiographique du mouvement.

Formé·e à Paris entre 2018 et 2023 dans plusieurs écoles professionnelles (Studio MRG, AID, CFA Pietragalla-Derouault), Suzanne y découvre une pluralité de styles : hip-hop, house, dancehall, afro, contemporain, jazz, classique, théâtre. C’est au cœur de ce parcours intense et fragmenté qu’iel rencontre le whacking, d’abord par hasard, puis comme une nécessité. Le confinement agit comme un révélateur : il/elle s’y plonge corps et âme, avant de rejoindre le collectif Ma Dame Paris dès 2022 pour approfondir son rapport à ce style flamboyant et codifié. Sa pratique du whacking devient rapidement une porte d’entrée vers une reconnexion à son histoire personnelle.

C’est à travers la danse que Suzanne amorce un travail de relecture de son parcours intersexe — une expérience longtemps enfouie, invisibilisée, tue. En dansant, il/elle comprend ce que son corps savait déjà : que l’identité n’est ni fixe, ni linéaire, ni normée. Que le mouvement peut être vérité. Le whacking devient alors pour Suzanne un outil de libération, un langage de survie, une poétique du trouble.

En parallèle de ses recherches chorégraphiques, Suzanne travaille comme interprète pour plusieurs compagnies en France, - notamment avec Josepha Madoki et Mounia Nassangar - et se produit à l’Opéra de Paris dans Roméo et Juliette de Gounod. Il/elle participe également à la création Apaches Opéra de Saïdo Lehlouh en 2024, avant de rejoindre la création Témoin. Membre actif·ive du collectif de whacking Delacrème, Suzanne développe une approche performative et politique du clubbing comme espace de mémoire, de soin et de lutte. Il/Elle fait également parti·e du Collectif intersexe activiste - OII France (CIA-OII France).