Interview & DJ Set : le groove de JKriv du label Razor N Tape de Brooklyn

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Figure incontournable de la scène house new-yorkaise, ce DJ, musicien et producteur navigue entre disco, funk et proto-house avec une aisance rare. De ses débuts dans le groupe Deep House “Tortured Soul” à la fondation du label “Razor-N-Tape”, il façonne un son à la fois ancré dans l’héritage club et résolument moderne. Avant de plonger dans son DJ set enregistré en début de mois à “La Mona”, découvrez son parcours et ses inspirations.
Peux-tu nous parler de tes premières rencontres avec la musique et ce que tu écoutais quand tu étais ado ?
Honnêtement, j’ai été obsédé par la musique aussi loin que je me souvienne, et j’ai toujours été attiré par les sons qui font bouger les gens. Mais quand j’ai commencé à jouer de la basse et de la guitare vers 12 ans, j’étais plutôt branché heavy metal et rock classique. Ensuite, je me suis tourné vers le funk, la soul et le hip-hop, avant d’étudier le jazz à l’université, puis de plonger dans la musique de club.
Tu es à la fois musicien et DJ. Par lequel as-tu commencé ?
J’ai d’abord été instrumentiste, puis je me suis mis à la production, et ce n’est que bien plus tard que j’ai commencé à mixer. Je fais de la musique depuis 35 ans, mais je ne mixe sérieusement que depuis environ 13 ans.
Ton histoire avec la house music remonte à loin, puisque tu faisais partie du groupe Brooklyn Deep House Tortured Soul il y a plus de 20 ans. Qu’est-ce qui t’a attiré vers la house au départ ?
Je jouais déjà d’autres formes de musique improvisée et dansante avec des groupes new-yorkais… plutôt dans un registre acid jazz. On a monté Tortured Soul à trois après avoir quitté ensemble l’un de ces groupes, avec l’idée de jouer en live la musique de club qu’on écoutait. Les tournées avec Tortured Soul m’ont plongé complètement dans l’univers de la house music. Ça a été une expérience formatrice qui m’a permis de découvrir la culture club en profondeur et d’assister à des sets de DJs incroyables.
Après Tortured Soul, tu as fondé Razor-N-Tape en 2012, un label qui a depuis sorti plus de 60 maxis 12”. Le nom du label fait référence au processus vintage de découpe et collage utilisé pour faire des edits, ce qui était le cœur de votre activité au début. Comment le label a-t-il évolué depuis ?
Au départ, on était vraiment un label d’edits en mode vinyl only. Chose qu’on faisait surtout pour le plaisir et pour sortir certains morceaux qu’on jouait. Aujourd’hui, on a sorti plus de 150 disques, entre la série white label, RNT Reserve et nos 45 tours. Puis l’accent s’est déplacé vers des compositions originales et le développement d’artistes.
La musique que tu produis oscille entre disco dub, electro funk et proto-house, et sonne comme une version moderne du son new-yorkais du milieu des années 80. Cette période a-t-elle été formatrice pour toi en tant que musicien et producteur ?
Pour être honnête, enfant dans les années 80, je connaissais surtout les gros hits crossover des clubs, mais c’est plus récemment que je me suis plongé dans la musique underground de cette époque. C’est un son et une période qui m’inspirent beaucoup… car la musique évoluait en même temps que les nouvelles technologies à disposition des producteurs. J’adore la façon dont les artistes de cette époque avaient une approche presque primitive du séquençage et de la synthèse, tout en y injectant énormément de groove et de feeling.
On a adoré danser sur ton DJ set à La Mona. Comment l’as-tu vécu ? Y a-t-il un morceau qui t’a particulièrement marqué ce soir-là et que tu aimerais partager avec nous ?
Merci !! En réécoutant mon mix, il y a eu plein de moments forts, mais l’un d’eux était quand j’ai joué deux de mes morceaux vers la deuxième heure du set. L’un est un track inédit appelé Real Ones, qui sortira sur un EP que je prépare pour Make-A-Dance, et l’autre est Blueprint, tiré de mon nouvel EP Intuition.
Merci beaucoup Jason, j’aime beaucoup ton nouveau morceau “Paula’s Dance” featuring Pahua. Je te souhaite plein de succès pour la sortie et j’espère que tu continueras à produire d’autres titres dans le même style à l’avenir !
Can you tell us a bit about your first musical encounters and what sort of music you were into as a kid ?
I’ve honestly been obsessed with music as long as I can remember, and I’ve always been drawn to music that makes people move. But when I started playing bass and guitar at around 12 years old I was actually into heavy metal and classic rock. I moved from there into funk, soul and hip-hip, and studied jazz performance in college before getting into club music.
You are both a trained musician and a DJ. Which one did you start with first ?
I started as an instrumentalist, and then got into production and only much later began DJing. I’ve been making music for 35 years but have only been DJing seriously for about 13 years.
Your history in House music dates back quite a while as you were part of the Brooklyn Deep House outfit Tortured Soul over 20 years ago, what got you into House music first of all ?
I had been playing other kinds of improvised dance music with some NY groups…kind of more on the acid jazz tip. The three of us split off from one of those groups to form Tortured Soul, inspired by the idea of playing some of the club music we were hearing live. Touring with Tortured Soul led to me being really immersed in the world of house music, and became my formative experience in club culture and exposed me to some incredible DJs and events.
After leaving Tortured Soul you founded Razor N Tape in 2012 with over 60 12inch releases since. The label name refers to the vintage cut and splice process of making edits meaning this was what you were mainly releasing at the start. How has the label evolved since then ?
At the start we were really just a vinyl-only edits label, doing it mostly for fun and to get some of the music we were playing out on wax. We have actually had over 150 releases to-date between the white label series, our RNT Reserve and 45 imprints, and the focus has shifted much more toward original music and developing artists.
The dance music you make seems to vary between dubby Disco, electro funk and proto House, sounding like a modern version of the mid 80s New York Sound. Was that a formative era for you as a musician and music producer ?
To be honest, as kid in the 80s I was aware of the crossover club hits, but it was more recently that I’ve gone on a deep dive into the underground music of that era. It’s a sound and time period I find very inspiring…as music was changing along with the technology available to producers. I love the way the producers of that era took a sort of primitive approach to sequencing and synthesis, but infused it with so much soul.
We really enjoyed dancing to your Dj set at La Mona. How did it go for you ? Is there a particular track or song that stood out for you that night that you might like to share with us ?
Thank you!! Listening back to my mix there were so many great moments, but a stand-out one was actually when I played two tunes of mine at about 2 hours into my set. One is an unreleased track called Real Ones that will be released on an EP I’m developing for Make-A-Dance and the other is Blueprint from my new Intuition EP.
Thanks very much Jason, I really like your new song “Paula’s Dance” with Pahua by the way I wish you all the best with the release and I hope you’ll be making more cuts like that in the future!