"Quand j’écoute de la musique, je vois de la danse" rencontre avec Coflo l'invité de la Mona

Club Culture

Coflo, figure de la nouvelle génération de producteurs House américains, rejoint La Mona pour la première fois, avec un set nourri par son parcours de danseur, de DJ et de producteur. De la Bay Area à la scène House internationale, il a construit une approche de la musique où le mouvement, la percussion et le groove occupent une place centrale. Il nous parle de ses débuts dans la danse, dans la capoeira, de la culture club californienne, de la transmission et de la musique qu’il prépare aujourd’hui. Et il promet pour La Mona quelques morceaux encore inédits !

- ENGLISH VERSION BELOW -

Tu as commencé à étudier les danses nés dans les club américains à 13 ans. Qu’est-ce qui t’a attiré vers la danse au départ, et qu’est-ce que ces premières années t’ont apporté ?

J’ai vu un film d’action qui s’appelait *Only the Strong*. Pour résumer… le film commençait par un clip musical (sur une cassette VHS), et dans ce clip il y avait beaucoup de danse que je n’avais jamais vue auparavant, ou du moins que je n’avais jamais remarquée. Ce clip, mélangé au film lui-même (qui parlait de capoeira), a réveillé quelque chose en moi : l’envie de tourner, de faire des flips, haha. Il ne m’a pas fallu très longtemps - peut-être 6 à 8 mois - pour découvrir que j’aimais davantage danser lorsque certaines chansons ou certains types de musique passaient. Au départ, c’était une attirance pour le mouvement, mais c’est rapidement devenu une quête de découverte musicale. La danse était à la fois sociale et éducative, physique et exigeante… Je pense qu’elle m’a apporté tout ce que je recherchais, et même davantage.

Tu as passé des années à voyager à travers le monde comme danseur, professeur et performeur, et tu as remporté des compétitions internationales de House Dance. Comment la danse a-t-elle façonné ta manière d’écouter la musique ? Penses-tu que tu écoutes et que tu crées la musique différemment parce que tu danses ?

Elle influence clairement ma manière d’aborder la musique. Pour le meilleur ou pour le pire, j’ai du mal à produire une musique qui ne fasse pas naître en moi une sorte d’image liée à la danse. J’écris beaucoup de musique qui n’aurait probablement pas besoin d’être centrée sur la danse, mais pour être honnête, je produis rarement ces morceaux. Beaucoup d’idées que j’ai pour des edits, des remixes ou des productions avec de nouvelles structures me viennent lorsque je suis sur un dancefloor, en soirée. Quand je danse, j’entends certaines choses qui se transforment parfois en idées musicales complètement nouvelles. Je ne peux pas affirmer avec certitude que j’écoute ou que je fais de la musique différemment parce que je danse. Je connais beaucoup de gens qui produisent une musique de danse vraiment inspirante sans eux-mêmes danser. Et je connais aussi des musiciens qui entendent la musique d’une manière que la grande majorité des danseurs avec lesquels je travaille ne perçoivent pas. Quand j’écoute de la musique, je vois de la danse. Mais je suis sûr que beaucoup de danseurs font la même chose. Je ne sais pas si cela fait de moi quelqu’un de « différent » ; j’ai probablement simplement plus d’expérience dans la pratique de différents éléments de plusieurs formes artistiques, et j’ai trouvé des points communs entre toutes ces pratiques qui m’aident à créer.

Tu es né et as grandi dans la Bay Area, qui possède une histoire longue et importante de la culture club et de la danse. Des DJs comme Garth, Rasoul ou Doc Martin ont fait parler d’eux jusqu’en Europe dans les années 90. As-tu vécu la scène rave et club là-bas à cette époque ? Qu’en gardes-tu comme souvenirs, et comment penses-tu que la scène a évolué depuis ?

Haha, oui… J’ai fait pas mal de raves, aussi bien des grosses que des soirées underground. J’ai certainement assisté à pas mal de sets de Garth, Jeno et Doc Martin. Pour être totalement honnête, cette scène m’a rarement inspirée musicalement. C’était davantage un environnement social où l’on sortait, dansait et explorait. J’étais jeune et curieux. Ce qui m’enthousiasmait encore davantage, c’était d’aller dans des clubs dans lesquels je n’avais pas encore l’âge d’entrer. Dans la Bay Area, comme dans le reste des États-Unis, l’âge légal pour accéder à la vie nocturne est de 21 ans. C’est TRÈS différent de l’Europe sur ce point.

Je me faufilais donc constamment dans des clubs à Oakland, San Jose et San Francisco pour aller chercher des DJs et des morceaux qui étaient beaucoup plus conçus pour faire quelque chose à ton âme ; alors que j’avais le sentiment que les expériences musicales des raves étaient davantage conçues pour avoir un effet sur ton esprit. J’ai passé beaucoup de temps à réparer soigneusement des bracelets pour pouvoir accéder aux soirées, à reproduire des tampons avec des feutres effaçables à l’eau, et j’ai utilisé quelques fausses cartes d’identité. J’ai aussi fait de nombreux trajets jusqu’à Los Angeles, et il m’est arrivé de devoir dormir dans la voiture - six heures de route - plutôt que de danser parce que je ne pouvais pas entrer dans le club.

La scène a évidemment beaucoup changé. À certains égards, il y a eu une évolution, tandis que sur d’autres aspects, c’est clairement une régression. À l’époque, il y avait de TRÈS nombreuses soirées hebdomadaires qui permettaient de satisfaire cette envie ; aujourd’hui, on a de la chance si quelques irréductibles arrivent à maintenir des rendez-vous réguliers, au moins une fois par mois ou par saison. Les fêtes en journée et en début de soirée sont davantage mises en avant aujourd’hui, y compris auprès des jeunes qui sortent.

À quel point les communautés de danse et de club sont-elles encore liées aujourd’hui dans la Bay Area ? Les danseurs jouent-ils toujours un rôle actif dans la scène club, sur le dancefloor comme en dehors ?

Absolument. J’aime à penser que j’ai joué un rôle important là-dedans. J’ai grandi avec une vision très ouverte des rôles de la musique, des producteurs, de la danse, des DJs, des lieux, des promoteurs, etc. Les gens parlaient beaucoup de tout ça et de la manière dont tous ces éléments étaient liés entre eux. En grandissant, même les aspects économiques et professionnels sont devenus plus visibles et plus compréhensibles.

Je suis toujours resté très impliqué et organisé au sein de ma communauté de danse locale. Et même si beaucoup de mes « OG » et de mes pairs ont arrêté de danser ou de contribuer à la scène, nous sommes quelques-uns à avoir perpétué cette tradition : parler aux danseurs et les encourager à participer à la scène locale et à la soutenir, plutôt que de se limiter aux studios de danse et aux compétitions.

Nous ne sommes EN AUCUN CAS un modèle de scène de club dance d’élite à l’échelle des États-Unis, mais nous avons une scène très dynamique comparée à beaucoup d’autres grandes villes du pays. Je dirais même que notre communauté de danse est davantage connectée que celle de CERTAINES des villes fondatrices de la dance music aux États-Unis. Créer des passerelles entre les générations est quelque chose qui me tient à cœur depuis toujours. J’ai eu le sentiment qu’on m’avait transmis un flambeau, et j’ai envie de continuer à faire vivre la flamme.

À un moment donné, ta relation à la musique a évolué : tu es passé de la danse à la création musicale. Qu’est-ce qui t’a donné envie de passer du fait d’interpréter la musique avec ton corps à celui de la créer toi-même ?

C’est un peu la même chose qu’avec la danse. La musique m’inspirait et j’ai cherché mon chemin pour y trouver du plaisir. J’ai commencé à avoir mes premières idées vers 16 ans. Elles étaient horribles et, souvent, j’utilisais l’humour dans ma musique pour exprimer une idée sans me prendre trop au sérieux. C’était un peu comme lorsque j’ai commencé à danser avant même de savoir danser : je me jetais partout comme si j’étais capable de « faire un salto », alors qu’en réalité je me contentais de rigoler en retirant la terre de mon visage et de mes cheveux, haha.

Comme pour la danse, lorsque j’ai commencé à trouver un peu plus de beauté dans ce que je faisais, je suis devenu un peu plus sérieux. Contrairement à la danse, plus la musique devenait difficile, moins j’y prenais de plaisir. Cela m’a conduit à arrêter de faire de la musique puis à y revenir plusieurs fois pendant mon adolescence. Pendant ces périodes, je me suis consacré à d’autres activités musicales qui m’amusaient, comme collectionner et mixer des disques, apprendre à chanter et à jouer de la musique de capoeira - et pratiquer la capoeira comme forme artistique à part entière.

Tes productions ont un son très particulier. Il y a quelque chose d’immédiatement reconnaissable dans les rythmes, les textures, les percussions et les patterns que tu utilises. D’où vient ce langage musical ? Et quelle part vient de ton expérience de danseur ?

Eh bien, toute ma formation musicale traditionnelle vient des méthodes vernaculaires qui ont été intégrées à ma pratique de la capoeira et à ses racines afro-brésiliennes. Entre ces racines et mon amour instinctif pour la syncope, je finis par faire « ce que je fais ». Je suis attiré par des styles de production et d’écriture musicale très axés sur les percussions, très dynamiques et riches en textures. J’ai passé énormément de temps à étudier en détail des gens comme Ron Trent, Trinidadian Deep, Azymuth, Michael Spiru, Kuniyuki Takahashi, Lars Bartkuhn, Joe Claussell, et la liste est encore longue. Mon apprentissage a été un peu comme essayer d’apprendre les mathématiques d’un niveau d’ingénierie spatiale avancée sans qu’on m’explique comment « utiliser la formule » ; ou pire encore, sans jamais me donner la formule en premier lieu. J’essaie d’improviser autant que possible, aussi bien dans mon écriture que dans ma production, et je laisse donc mes compétences les plus développées - celles que j’ai acquises à travers la danse - me guider instinctivement. Ce qui me donne envie de danser, j’espère aussi pouvoir le faire entrer d’une manière ou d’une autre dans ma musique.

Sur quoi travailles-tu actuellement, et à quoi peut-on s’attendre de la part de Coflo dans les prochains mois ?

Beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de choses. Je travaille à préparer les projets des deux prochaines années pour LOUDCAT Music. La majeure partie de la musique est déjà terminée ; il s’agit maintenant de trouver le bon calendrier et de réunir les ressources nécessaires pour fabriquer les disques. LOUDCAT Music est mon nouveau projet personnel, consacré à ma propre musique et à mes collaborations. J’ai encore beaucoup de très bons remixes qui vont arriver dans le monde avant la fin de l’année. J’ai également trois nouveaux EP, certains produits par des labels/partenaires de longue date en qui j’ai confiance, et d’autres par de nouveaux amis qui ont décidé de croire en moi et d’investir dans mon travail. Sans tout dévoiler : en septembre sort mon EP avec mon amie et chanteuse, bassiste et compositrice locale émergente Aya Moor, sur Soul Quest. Il s’appelle “Gimme That”. Puis, fin octobre / novembre, j’ai un EP spécial en édition limitée sur Cataleya, qui comprendra plusieurs remixes inédits que j’ai réalisés à partir de leur catalogue, ainsi que certains de mes propres morceaux. Et avant la fin de l’année, j’ai un EP de trois titres intitulé “Divine Timing”, qui sortira sur un label plutôt orienté « long play » - destiné à ceux qui aiment les arrangements longs, étirés dans le temps. Il sortira sur le nouveau label italien 180gr.

On est vraiment très heureux de t’accueillir à La Mona. Y a-t-il quelques morceaux que tu as particulièrement hâte de jouer pendant ton set, ou qui pourraient donner aux gens une idée de là où tu en es musicalement aujourd’hui ?

Oui, je vais certainement jouer des morceaux de certains de mes prochains EP sur Loudcat. Je jouerai aussi probablement quelques-uns des edits DJ que je fais régulièrement tout au long de l’année. Vous pouvez donc vous attendre à beaucoup de musique exclusive, qui n’est pas encore sortie et que l’on peut uniquement entendre pendant mes sets. Je sais que les dancefloors parisiens apprécient une bonne track « machine with soul » ; et j’ai quelques trucs sur lesquels je travaille en ce moment qui, je pense, devraient leur plaire.

ENGLISH VERSION

You started studying American club dance when you were 13. What was it that first drew you to dance, and what did those early years give you that you were looking for?

I watched an action movie called "Only the Strong".  The short story is...the movie had a music video at the beginning (VHS tape) and in the video there was a lot of dancing that I hadn't seen before or at least never noticed.  That music video mixed with the actual movie (about Capoeira) woke something up inside me to want to spin and flip haha.  It wasn't very long (maybe 6 to 8 months in) that I discovered I enjoyed dancing more when certain songs or types of music were playing.  It was a movement attraction at first but became a hunt for music discovery. The dance was social and educational, physical and challenging..I think it gave me everything I was looking for and then some.

You’ve spent years travelling the world as a dancer, teacher and performer, and have won international House Dance competitions. How has dance shaped the way you listen to music? Do you think you hear and make music differently because you dance?

It certainly shapes the way I approach music.  For better or worse I have a hard time producing music that doesn't give me some sort of imagery of dance (in my mind's eye).  I write a lot of music that probably doesn't need to be dance focused; but that writing rarely gets produced if I am being honest.  A lot of ideas I have for edits, remixes and types of productions that are new arrangement ideas comes from me being on a dance floor, at a party.  I hear things when I dance that sometimes manifest into whole new musical ideas.  I can't confidently say I hear or make music differently because I dance.  I know a lot of people who make really inspiring dance music who do not dance.  I also know musicians that hear music in a way that the vast majority of dancers I interact with cannot hear.  I see dance when I hear music, but I'm sure a lot of folks that dance do.  Not sure that makes me "different"; I probably just have more experience practicing various different elements of various artforms and have found some common ground between all those practices that helps me create.

You were born and raised in the Bay Area, which has a long and important history of club culture and dance. DJs like Garth, Rasoul and Doc Martin were names that crossed over to Europe in the 90s. Did you experience the rave and club scene there during that period? What do you remember about it, and how do you think the scene has evolved since then?

Haha yea.. I went to plenty of raves both massives and underground.  Certainly went to a number of Garth, Jeno, Doc Martin sets.  Being 100% honest, that scene rarely inspired me musically. It was more of a social scene to go out dance and explore.  I was young and curious.  A lot of what I was more excited about were going to clubs that I wasn't old enough to go to.  In the Bay Area (like the US); 21 is the legal age to experience nightlife.  It's VERY different from Europe in that way.  I was always sneaking into venues in Oakland, San Jose and San Francisco to chase DJs and tracks that were much more designed to do something for your soul; where I felt like the rave music experiences were designed to have some sort of effect on your mind.  I did a lot of careful wrist band repair to gain access to venues; copy'ing stamp designs with wash-away markers; and went through a few fake ids.  Also made many trips down to LA which resulted in me having to sleep in the car (6 hour drive) instead of dancing because I couldn't get into the club.   The scene has has certainly changed; in some ways there is an evolution while in other ways very much a devolution.  MANY Weekly parties used to scratch an itch; now we are fortunate some brave souls are at least consistent on a monthly or seasonal basis. Day and early evening parties are more celebrated now (even with younger party-goers).

How connected are the dance and club communities in the Bay Area today? Do dancers still play an active role in the club scene, both on and off the dancefloor?

They absolutely do.  I like to think I have played a big role in that.  I was raised very openly about the roles of the music, producers, dance, dj, venues, promoters etc... People talked a lot about everything and how it is all intertwined.  As I got older; even the business aspects become more apparent and understood.  I have always stayed tight and organized in my local dance community and while many of my "OGs" and peers stopped dancing or contributing; there were a few of us that kept that kind of tradition to speak and encourage dancers to participate and support our local party scene and not just dance studios and competitions.  We are by NO MEANS a beacon of elite club dance for the USA; but we have a thriving scene vs. many other major cities in this country.  I'd say we have a more connected dance scene than SOME of the founding cities of dance music in the USA.  Bridging a generational gap is something I have been passionate about my entire life.  I felt like I got passed a torch and I want to keep the flame lit.

At some point, your relationship with music evolved from dancing to actually making music. What made you want to move from interpreting music with your body to creating it yourself?

Same kind of thing with dance.  The music inspired me and I navigated my way to find the fun in it.  I started some of my earliest ideas around 16 years old; they were horrible and often times I used humor in the music as a way to express an idea and not take myself so serious.  Kind of like when I started to dance before I could dance; I would flop around as if I could "do a flip" but really just laugh about it while wiping dirt from my face and hair haha.  Just like dance, when I began to find a bit more beauty in what I was doing, I began to be a bit more serious.  Unlike dance the harder music got the less I enjoyed it.  It caused me to stop making music and come back to it many times as a teenager.  In those gaps I picked up other fun musical endeavors like collecting and mixing records; learning to sing and play Capoeira music (and practice Capoeira as a whole artform).

Your productions have a very distinctive sound. There’s something immediately recognisable in the rhythms, textures, percussion and patterns you use. Where does that musical language come from? And how much of it is connected to your experience as a dancer?

Well; the only traditional musical training I have comes from the vernacular methods instilled in my practice of Capoeira and the Afro-Brazilian roots it holds.  Between those roots and my subconscious love for syncopation; I end up doing "what I do".  I am attracted to musical production and writing styles that are very percussion forward and very dynamic and textured.  I have spent at length studying the details of people like Ron Trent, Trinidadian Deep, Azymuth, Michael Spiru, Kuniyuki Takahashi, Lars Bartkuhn, Joe Claussell and the list goes on and on.  My study has been like tryin to learn advanced rocket science levels of math without being told how to "use the formula"; or even worse, never being "given the formula" in the first place.  I try to improvise in both my writing and production as much as possible so I let my more studied talents of dance guide me instinctually.  What makes me feel like I want to dance hopefully will also find a way into my music.

What are you currently working on, and what can we expect from Coflo in the coming months?

Wayyyyy too much.  I'm working on preparing the next couple years of projects from LOUDCAT Music.  Most of the music is done and it's a matter of finding timing and putting the resources together to manufacture the records.  LOUDCAT Music is my new personal project of my own music and collaborations.  I have a lot of great remixes still making their way into the world before years out.  I also have three new EPs both being produced by old trusted labels/partners as well new friends that wanted to invest in me.  Without giving everything: in September my EP with friend and local up-n-coming vocalist/bassist/song-writer Aya Moor releases on Soul Quest, titled "Gimme That".  Then end of October/Nov I have a special limited EP on Cataleya that will feature a handful of previously unreleased remixes I have done from their catalog and some of my works.  Then before the years out I have a 3 track EP called Divine Timing that is on some long play-ish; meant for folks that like a stretched out LONG arrangement.  It will come out on the new Italian imprint 180gr. 

We’re genuinely excited to have you over at La Mona. Are there a couple of tracks you’re particularly excited to play during your set, or that give people a sense of where you’re at musically right now?

Yea I'll certainly be playing stuff from some of my upcoming EPs on Loudcat. I'll most likely be playing a handful of the DJ edits that I consistently make throughout the calendar year.  So you can absolutely expect a lot of exclusive music that is not out and can only be heard during my sets.  I know Paris dance floors appreciate a good "machine with soul" tune; and I got some shit I bet they'll dig I've been working on.

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