Suzanne, le whacking un espace de liberté

Danseur.euse et chorégraphe, Suzanne développe une approche du whacking à la fois intime et engagée. Entre clubbing, battles, scène et exploration de soi, il/elle fait du mouvement un véritable espace de liberté. Rencontre avec un.e artiste pour qui danser, c’est aussi se révéler.

Peux-tu te présenter et nous raconter comment la danse est entrée dans ta vie, et à quel moment elle est devenue essentielle pour toi ?
Je m’appelle Suzanne, je suis danseuse et chorégraphe, je pratique essentiellement la danse whacking. J'ai commencé à danser à l'âge de 6 ans avec la danse moderne jazz puis des cours de chorégraphie hip-hop jusqu’au lycée; j’ai réellement commencé à me former à l’âge de 19 ans dans le but de devenir danseuse pro. Je pense que la danse a été essentielle dès l’instant où j’ai commencé à la pratiquer, car elle a toujours fait partie de mon quotidien, que ce soit en activité extra scolaire, formation et aujourd’hui mon métier.
Tu as découvert le whacking presque “par hasard”, avant d’y plonger profondément. Tu peux nous en dire plus ? Dans cette danse, qu’est-ce qui a résonné de manière si forte chez toi ?
J’ai découvert le whacking dans un cours de danse en 2019, le cours de Ariane Brown au Lac Studio. Cette forme d’expression a tout de suite fait résonner quelque chose en moi même si je ne connaissais pas encore les fondements et l’histoire de cette danse; je pense que la sensation de liberté et d’expression pure est ce qui m’a attiré en premier lieu.

En tant qu’artiste, tu explores les questions d’identité, de genre et de mémoire corporelle. Comment ces dimensions influencent-elles concrètement ta manière de danser ou de créer ? Est-ce que le mouvement t’a permis d’accéder à des choses que les mots ne permettaient pas ?
Grâce au whacking j’ai vraiment pu me découvrir en tant qu’artiste et en tant que personne, que ce soit à travers cette culture ou à travers les rencontres que j’ai faites grâce à celle ci. Oui, le whacking m’a permis de questionner les normes de genre et me permet toujours d’explorer différentes expressions de genre. Ce que cette danse m’a apporté de plus précieux c’est la possibilité d’être et d’incarner ce que je veux sans me poser de questions. Le mouvement m’a aussi permis, à travers le corps, de comprendre et exprimer des choses qui étaient restées enfouies et que la parole n’arrivait pas à sortir.
Alors que le whacking trouve ses origines dans le clubbing, on constate aujourd’hui que cette danse s’exprime davantage dans les battles, on trouve même des cours consacrés à la préparation de compétitions. Quelle place occupe le clubbing au sein de la communauté whacking ? Cette danse est-elle destinée à s’exprimer uniquement en battle ou sur scène ?
C’est vrai, la culture du battle prend beaucoup de place aujourd’hui dans le whacking, et en fonction des pays elle est plus ou moins marquée. Je n’ai aucun problème avec ça, j’aime la compétition et je trouve que c’est une manière de faire évoluer la danse. C’était déjà présent lors de la naissance du whacking dans le club Ginos II à Los Angeles, sous forme de dance contest. Cependant, je trouve important que le clubbing reste un aspect central de la culture; la scène est une autre forme d’évolution de la culture que j’ai la chance d’expérimenter dans mon travail. C’est quelque chose qui se développe surtout en Europe et également au Canada. Pour moi, le whacking est une danse riche qui mérite d’être représentée de plein de façons différentes.
Tu es déjà venu.e plusieurs fois à La Mona mais comment as-tu connu cette soirée ?
J’ai connu la Mona dans mes premières années de whacking, je crois que les premières personnes à m’en avoir parlé ont été Mounia et Princess Madoki, deux figures des la scène whacking parisienne avec qui j’ai eu l’occasion d’apprendre.
Peux-tu nous partager trois sons qui te font toujours vibrer ?
que trois..très dur.
One More Time - Daft Punk
I feel Love - Donna Summer
Remember the Time - Michael Jackson







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