Adyl : Boogie, funk et rythme : un parcours musical entre vinyle et danse

Tu es d’origine marocaine et ton parcours musical est très ouvert. Peux-tu nous parler de tes influences musicales quand tu étais jeune ?
Au Maroc on a une bonne culture musicale je trouve, et surtout on sait apprécier des choses très hétérogènes. Étant jeune, j'ai commencé loin des styles groove que j'écoute maintenant, mais déjà sur les grands groupes rock, pop, reggae. En parallèle, il y avait toute la musique traditionnelle marocaine aussi riche en rythmes qu’en diversité. Tout cela a nourri ma capacité à jongler entre différents styles.
Avant d’être DJ, t’es danseur. Peux-tu nous en dire un peu plus? As-tu pris des cours, quel est ton style de prédilection ? En quoi cette expérience influence aujourd’hui ta manière de construire un set et de lire le dancefloor ?
Je peux difficilement parler de style de prédilection, car je n’ai jamais pris de cours de danse à proprement parler. Je danse de manière très instinctive, avec beaucoup d’improvisation et une bonne dose d’énergie. J’aime ce qui est rythmé, technique et rapide, donc je m’éclate particulièrement sur du jazz funk, du broken beat et, plus récemment, du jazz fusion.
Tout ça m'apporte beaucoup d'enthousiasme dans mes mix, et surtout, maîtriser les classiques de chaque communauté m’aide à toucher un public plus large.
Comment t’es venue l’envie de devenir DJ ? Et quel a été le parcours qui t’a mené à cette voie ? Parle-nous de soirées, évènements ou DJ qui t’ont marqué.
S’il y a une soirée qui continue de m’influencer à ce jour, c’est la mythique FUNKY SATURDAY à Nantes. J’y ai été biberonné à la funk et j’y ai surtout découvert ce qu’un DJ — DJ Pharoah — pouvait provoquer comme dégâts. C’était incroyable.
.jpeg)
Cette ambiance, ajoutée à ma passion pour la musique, m’a donné envie de partager à mon tour. Avec ma petite poignée de disques, on m’a poussé derrière des platines, et tout s’est fait naturellement.
Les soirées Easter Sound Festival, fondées par DJ Psycut, ont aussi nourri mon éclectisme. Plus tard, j’ai découvert la Shiftless Shuffle à Londres : le graal quand tu écoutes du boogie, funk, jazz-funk et rare groove.
Tu connais bien La Mona, à la fois comme DJ mais aussi comme clubber. Qu’est-ce qui fait selon toi l’énergie particulière de cette soirée, et comment tu t’y adaptes derrière les platines ?
À la Mona, il y a exactement le combo qu’il faut pour clubber correctement : d’abord, des morceaux DANSANTS pensés pour les danseurs — ça paraît évident, mais c’est de plus en plus rare . Ensuite, le public : tout le monde est concentré, connecté à la musique. D'ailleurs, il n'y a pas que des danseurs sur la piste, et c'est ce qui fait le charme de cette soirée !
Comme je connais bien le public de la Mona, je peux proposer des nouveautés issues de mon répertoire tout en restant en phase avec leur background. Et comme le public est attentif, on peut les emmener très loin.
Pour finir, peux-tu nous partager 3 tracks qu’on aura des chances d’entendre dans la Boogie Room lors de ton DJ set le samedi 14 février ?
Voici 3 morceaux que je vais ressortir spécialement pour la prochaine mona !








