musclecars : duo new-yorkais entre house, soul et jazz

Une conversation autour de l’histoire, la danse, la communauté et la spiritualité musicale dans une ville (NYC) où la culture club reste un terrain d’expérimentation permanent.
1. Vous venez tous les deux de New York, une ville avec une histoire immense liée à la dance music. Comment cet environnement vous a-t-il façonnés en tant que DJs et producteurs, et comment vous a-t-il amenés à développer cette fusion entre house, jazz, soul et des éléments plus spirituels ?
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Brandon :
En grandissant à New York, il est presque impossible d’échapper à la musique. Tu y es exposé en permanence ! Quand j’étais jeune, avant même de savoir ce qu’était la dance music, je voyais déjà des danseurs de house dance sur la promenade de Coney Island. Le fait d’avoir été exposé à autant de styles musicaux au fil des années a clairement influencé le type de musique vers lequel je me tourne naturellement.
Craig :
Exactement, tu peux sortir de chez toi et entendre quelqu’un passer Love Is The Message dans la rue. On baignait dans cette culture bien avant d’en connaître réellement l’histoire.

2. La vie nocturne new-yorkaise des années 80 et 90 est devenue légendaire, un véritable laboratoire créatif pour la dance music. Comment décririez-vous la scène aujourd’hui ? Existe-t-il encore des lieux underground et vibrants qui perpétuent cet esprit ? Que reste-t-il de cette époque et comment la ville ainsi que sa nightlife ont-elles évolué ? Et avez-vous le sentiment que New York reste une ville à part, une sorte de « laboratoire » créatif comparé à d’autres endroits ?
Brandon :
Je suis né en 1993 donc je n’ai pas eu la chance de vivre les années 80 et 90, mais la scène new-yorkaise actuelle est très vivante. Il existe énormément de lieux dédiés exclusivement à la musique underground. Cela montre qu’il y a toujours un vrai appétit pour une musique tournée vers l’avenir.
Craig :
Le fait de venir d’une des plus grandes villes des États-Unis signifie qu’il y a de la place pour tout. On a beaucoup d’espaces underground, mais aussi des lieux plus mainstream avec bottle service et tout ce qui va avec ; c’est intéressant que cet écosystème puisse accueillir les deux, parce que chacun a une porte d’entrée différente vers la nightlife.
La ville reste aussi un immense foyer créatif pour les artistes. Même si la gentrification rapide et le coût de la vie rendent les choses compliquées, cela nous pousse à être encore plus créatifs et à trouver des solutions avec les moyens qu’on a. Ça favorise aussi l’esprit collectif et la collaboration. Et je ne pense pas que ça soit près de changer.
3. Coloring Lessons est passé d’une simple soirée à une véritable plateforme : label, émission radio, projets éducatifs… Quelle était la vision de départ et comment le projet a-t-il évolué au fil du temps ? En parallèle, ces dernières années, le climat social et culturel aux États-Unis a parfois semblé particulièrement tendu. Pensez-vous que ce contexte a eu un impact sur la manière dont les gens se rassemblent, se connectent ou vivent la musique sur le dancefloor aujourd’hui à New York ?
Brandon :
Quand on a commencé à imaginer Coloring Lessons en 2016, l’idée de départ était simplement de créer notre propre soirée, où nous aurions le contrôle sur la musique et la programmation. Avant ça, on se retrouvait souvent sur des line-ups qui n’avaient aucun sens par rapport à l’atmosphère qu’on voulait créer.
On avait aussi le sentiment qu’il y avait énormément d’artistes incroyables sur la scène, mais qui étaient ignorés parce qu’ils étaient plus âgés ou parce qu’ils n’avaient pas une énorme présence sur les réseaux sociaux. On voulait créer une soirée et plus largement une plateforme, qui leur permette d’être reconnus.
Craig :
Même si c’était l’intention de départ derrière Coloring Lessons, on s’est vite rendu compte que beaucoup de personnes découvraient cette musique pour la première fois en venant à nos soirées. Les gens venaient nous voir en disant : « Je ne savais pas que c’était ça, la house music ! Je m’attendais plutôt à du David Guetta ou quelque chose comme ça. »
À partir de ce moment-là, on a compris qu’on avait une responsabilité : prendre plus au sérieux la question de l’éducation et de l’histoire de cette culture. Huit ans plus tard, c’est devenu une partie essentielle de ce qu’on fait, et on pense que c’est indispensable pour continuer à préserver cette culture.

4. Vous insistez souvent sur l’importance de rendre hommage aux pionniers Black et Brown de la dance music. Comment transmettez-vous cet héritage à une jeune génération à travers votre travail ?
Brandon :
On essaie de mettre en lumière les pionniers qui nous ont précédés, de toutes les manières possibles. Que ce soit à travers nos soirées Coloring Lessons, notre série de mixes ou encore les interviews et conversations que l’on organise.
Craig :
On essaie d’agir avec générosité. Cela veut dire faire un effort supplémentaire pour offrir ce qu’on peut à la jeune génération d’artistes et de DJs, que ce soit en termes de connaissances, de ressources ou d’accompagnement.
5. La danse est une part essentielle de la culture club à New York, et aussi à La Mona. Quelle importance a la présence des danseurs pour vous lorsque vous jouez ? Et est-ce que vous dansez vous-mêmes derrière les platines ou dans le public ?
Brandon :
C’est extrêmement important, et ça peut même influencer notre manière de jouer. Sans danseurs, l’atmosphère peut sembler complètement vide.
Craig :
On danse toujours derrière le booth, surtout quand il est un peu caché et qu’il n’est pas le centre de l’attention sur le dancefloor. Quant aux danseurs, leur présence est essentielle pour nous : ils sont le cœur battant de notre scène. La connexion entre nous et eux derrière les platines est incomparable.
6. Pour donner un avant-goût de ce qui vous attend le 16 mai, pouvez-vous partager deux ou trois morceaux qui représentent particulièrement votre univers et que vous pourriez jouer à La Mona ?
- Brandon:
Craig:
- You both come from New York, a city with such a deep dance music history. How did that environment shape you as DJs and producers, and how did it lead you to develop this fusion of house, jazz, soul, and more spiritual elements?
Brandon: Growing up in NYC, it’s almost impossible to escape the sound of music. You’re exposed to it constantly! When I was young, before I knew what dance music was, I would see house dancers dancing on the boardwalk at Coney Island. The exposure to different styles of music over the years has definitely played a role in the kind of music that I gravitate towards.
Craig: Exactly, you can walk outside your crib and hear someone blasting ‘Love Is The Message’ in the streets. We were engulfed in the culture long before we knew the history.
- New York’s nightlife in the ’80s and ’90s was legendary, a real creative hub for dance music. How would you describe the scene today? Are there still underground, vibrant spaces carrying that spirit forward? What remains of that era and how has the city and its nightlife changed over time? And do you feel like New York is still a city apart, a kind of creative “laboratory” compared to other places?
Brandon: I was born in 1993 so I didn’t get a chance to experience the 80’s and 90’s, but the scene in NYC today is vibrant. There are some many venues that cater to only underground music. Which signals that the appetite for intentional and forward-thinking music is there.
Craig: Being that we come from one of the major cities in the U.S. means there’s room for everything. We have a good amount of underground spaces while also having your overground, bottle service spots too; it’s cool that the ecosystem can provide both, as everyone has different entry points for nightlife. To that, the city is still such a rich hub for artists. While the rapid gentrification and prohibitive cost of living makes things difficult, it does make us more creative as we have to think outside the box to work within our means. It also breeds collectivity and collaboration. I don’t think that’s going to change anytime soon.
- Coloring Lessons has grown from a party into a full platform: label, radio show, and educational projects. What was the original vision behind it, and how has it evolved over time? In parallel, in recent years the social and cultural climate in the U.S. has felt quite tense at times. Do you feel that this context has had any impact on how people gather, connect, or experience music on the dancefloor in New York today?
Brandon: When we started brainstorming Coloring Lessons in 2016, the initial idea was to have our own party, where we had control over the music and programming. Prior to that we were being put on lineups that just didn’t make sense for the kind of atmosphere that we wanted to create. We also felt that there were a lot of incredible artists in the scene that were getting overlooked because they were older or they didn’t have a huge social media following. We wanted to create a party/platform for them to be recognized.
Craig: While that was the original intention behind Coloring Lessons, we soon realized that the crowd coming to the parties were hearing a lot of this music for the first time. Folks would come up to us and say, “I had no idea this is house music! I expected David Guetta or something”. From that point, we knew we had a responsibility to take education and history a bit more seriously. 8 years later, it’s now a big part of what we do and we think it’s very necessary for continuing to preserve this culture.
- You often highlight the importance of honoring Black and Brown dance music pioneers. How do you approach passing on that legacy to a younger generation through your work?
Brandon: We try to shed light on the pioneers that came before us, in any way that we can. Whether that’s playing at our Coloring Lessons party, doing the mix series, or being interviewed on our conversation series.
Craig: We try to lead with generosity. That means trying to go the extra mile and offer whatever we can to the younger generation of artists and DJ’s, with regard to knowledge, resources, etc.
- Dance is such an essential part of club culture in New York, and also at La Mona. How important is the presence of dancers for you when you play? And do you dance yourselves when you're behind the decks or in the crowd?
Brandon: It's so important, and it can have an influence on how we play. Without dancers the atmosphere can feel dead.
Craig: Always getting down behind the DJ booth, especially when the booth is tucked away and not the central focus on the dance floor. As far as dancers go, it’s so important for us to have them at the party as that is the heartbeat of our scene. The connection between us and the dancers is second to none when we’re behind the decks.
- To get a taste of what’s coming on May 16th, could you share 2 or 3 tracks that really represent your universe and that you might play at La Mona?
Brandon :
- Masters At Work — To Be In Love
- Nikos — Speaking in Tongues
- Round Two — New Day
Craig :
- Nyamekye Junction — Too Many Bags (Kaidi’s Remix)
- Cee Elassaad & Doug Gomez — Jam It To The Riddim
- Kuniyuki Takahashi — Kids Breath








